Remarque : Alors, cette fic a été
écrite pour lanniversaire de mon amie Martine ^_^ Je me sens quand même obligé
dexpliquer le pourquoi de cette histoire. Javais proposé à mon amie de lui
écrire une fanfic pour son anniversaire en lui précisant bien, que je voulais bien
écrire, mais à la condition quelle me trouve un scénario parce que moi, jai
plein didée dhistoires originales, mais quasiment aucune pour les fanfics.
Bon, finalement, elle navait pas trop didée non plus, mais un jour, elle me
fait : « tu pourrais écrire une fanfic sur Saiyuki, et faire que Nataku se
réveille. » Alors, moi, bien entendu, jattends la suite, parce que question
scénario cest pas trop ça, tout le monde est daccord, nest-ce
pas ? Je demande donc ce qui devrait se passer dans la fic et la réponse que
jobtiens : « Pour quil se réveille, il faudrait quil
arrive quelque chose aux autres » Oui, et ? « Ben maintenant,
tu te débrouilles Naëlle. »
Javais demandé un scénario ! Un scénar Martine ! Qui trouve que
cest du scénario ce avec quoi jai dû me débrouiller ???? lol
Bon, jarrête de me plaindre, parce que finalement, jai réussi à trouver
quelque chose à écrire J
Je tiens quand même à mexcuser, car Kogaiji et sa bande napparaissent quau début pourtant, je les aime beaucoup, mais jétais quand même un peu prise par le temps et je ne pouvais pas mener à bien ma fic et parler de tout le monde en même temps toutes mes excuses, donc
(Merci à France pour sa correction et ses commentaires ^_^)
J Joyeux anniversaire Martine
J
(pour le 03 mai 2005)
Souvenirs Douloureux.
- SANZOOOOO !!!!!!!!
Devant les yeux horrifiés de ces trois compagnons de voyage, ainsi que Kogaiji et Dokugaiji, le jeune homme entama une lente descente vers le sol. Lorsquil tomba lourdement sur celui-ci, Gokû ne put plus se contrôler et malgré ses blessures béantes sur tout le corps, se lança sur leur adversaire du jour : un nouveau mutant créé par Nî. Jamais celui que tout le monde considérait comme un gamin naccepterait que quiconque fasse du mal à celui qui lavait sauvé.
Hakkai avait tenté un geste pour retenir son jeune ami, mais il était à présent clair pour tous ceux qui le connaissaient que rien ni personne ne pourrait larrêter. Voir Sanzô qui baignait à présent dans une mare de sang rendait le jeune homme complètement fou.
- Il faut aller récupérer Sanzô, dit Gojô plusieurs minutes plus tard, alors que le combat entre Gokû et leur ennemi faisait rage.
- Tu as raison, surtout quil risque dêtre encore plus blessé étant donné quils se battent à proximité de lui, répondit Hakkai en commençant à savancer lentement vers leur ami gisant au sol.
Mais alors que les deux amis allaient sapprocher du moine, un léger craquement les incita à regarda dans la direction du combat. Ils virent alors le modulateur de force de Gokû se briser et tomber en morceaux à ses pieds. Un sourire sadique apparut alors sur le visage de celui qui perdait le contrôle de lui-même sans cet objet. Gojô et Hakkai savaient quà présent, le monstre lui faisant face nen avait plus pour longtemps à vivre, mais ils savaient aussi, par expérience, quune fois quil en aurait fini avec lui, il sen prendrait à eux.
- Sanzô ! Hé Sanzô, réveille-toi ! Le singe vient de se transformer et tes le seul à pouvoir le calmer !
- Cest inutile, murmura Hakkai à son ami qui tentait de réveiller le jeune homme blond.
- ?
- Sanzô, même sil se réveille, naura pas la force de le calmer
- Et moine indigne, tas intérêt à faire kekchose ! Jveux pas crever à cause de ce singe stupide !
Hakkai voulut tirer Sanzô plus loin, cependant, il saperçut que le sang sécoulait de la base de son crâne et il ny avait pas besoin dêtre un génie pour savoir quil était impensable de le transporter dans ses conditions sans commencer à le soigner sur place. Et malheureusement, dabord aucun dentre eux nétait médecin et même sils lavaient été, ils navaient pas de quoi soccuper du jeune homme étendu.
* - * - * - * - *
- Kanzenon-sama, il faut intervenir.
Celle à qui on sadressait se contenta de regarder les nénuphars lentourant. Elle avait décidé de ne rien faire cette fois-ci et comptait bien sen tenir à sa décision.
- Je mappelle Nataku, et toi ?
- Ben moi je nai pas de nom
« Pourtant on lui en a donné un mais je nai jamais pu le prononcer pour lappeler »
* - * - * - * - *
- Kanzenon-sama, venez vite !
- Que se passe-t-il ?
- Regardez, regardez !
Sétant détournée de ses occupations, celle qui semblait avoir une trentaine dannées sarrêta interdite devant le spectacle soffrant à ses yeux. Après cinq cents ans de léthargie complète, un être à lapparence dun enfant laissait sécouler des larmes de ses yeux vides.
- Nataku , murmura-t-elle.
* - * - * - * - *
- Gokû, calme-toi, cest moi, Hakkai
Le jeune homme tentait vainement de raisonner son ami. Ils avaient essayé tous les quatre de liguer le reste de leur force afin de mettre le jeune homme à terre, cependant, dabord ils avaient échoué et ensuite, cétait eux qui étaient au sol. Près dHakkai, Gojô pressait une blessure au torse qui le tuerait sil navait pas de soin rapidement. Un peu plus loin, Kogaiji tentait de faire reprendre conscience à Dokugaiji qui lavait protégé et avait, de ce fait, encaissé la majeure partie des coups à sa place. Le prince navait pas souhaité ce massacre. Il avait de nouveau voulu tenter sa chance afin de récupérer les soutras de Sanzô, mais il navait pas envisagé que cela se terminerait dans un bain de sang. La seule chose dont il pouvait être heureux à ce moment là, était quil avait interdit à sa petite sur de les accompagner.
« Ririn mère », furent les dernières pensées quil eut avant de rejoindre son ami dans les méandres de linconscience.
- Hakkai
quest-ce
quil
fait
?...
Demanda péniblement Gojô, voyant que Gokû se désintéressait deux.
- Je ne sais
La fin de la réponse mourut au fond de la gorge du jeune homme. En effet, leur ami à
présent méconnaissable venait de se rapprocher dangereusement de Sanzô toujours étendu
par terre.
Un sourire cruel et ravi à la fin passa sur les lèvres du jeune homme alors quil tendait une main vers le blond à sa merci. Il avait décidé de faire passer celui-là de vie à trépas avant les quatre autres sur le champ, car, sans vraiment savoir pourquoi, même inconscient, celui-ci lui semblait être le plus dangereux de tous. Ses lèvres sétirèrent un peu plus lorsque sa main commença à enserrer le cou de sa victime, inconsciente du sort qui lattendait.
- NOOOOOOON !!!!!!!!!!!!!!!!!
Crièrent dune même voix Gojô et Hakkai alors quils voyaient les doigts de
Gokû serrer de plus en plus.
« Quest-ce que tu fais ?... Gokû ?... »
Le jeune homme stoppa son geste et se redressa, cherchant limportun qui venait ainsi troubler son plaisir : celui de donner la mort et de sentir sa supériorité face aux autres.
« Quest-ce que tu fais ?...
Gokû ?... »
Redemanda la voix dans les mêmes termes que précédemment.
Tout dabord agacé, cétait à présent une véritable torture. Gokû sentit un vrai conflit intérieur en lui. Des images lui revenaient en mémoire. Des images dun passé proche, mais aussi dun lointain quil ne connaissait pas ou plus. Des images de personnes layant haï, de personnes layant protégé, de personnes layant aimé tant dimages lui revenaient en bloc Cen était trop pour lui. Il aurait voulu toutes les balayer et les faire disparaître comme il le faisait avec ceux qui avaient le malheur de croiser son passage. Cependant, elles revenaient, de plus en plus nettes, de plus en plus fortes et de plus en plus violentes. Plié en deux sous leffet de la douleur, il finit par sécrouler, cependant, ses lèvres laissèrent échapper un prénom, un nom venu de loin quelquun quil navait pas appelé depuis cinq cents ans :
- Nataku
Sur son front, son diadème se reformait à partir des miettes égrenées ici et là, quelques heures plus tôt.
Soulagé de voir que leur ami était de retour, Hakkai rassembla son courage afin de se remettre debout, ayant dans lidée de rejoindre Hakuryu et dessayer de conduire tout le monde dans la ville la plus proche, cependant, il avait trop présumé de ses forces et sécroula lourdement sur le sol.
A présent, tout était redevenu calme dans ce canyon dans lequel, quelques minutes auparavant, on entendait cris et gémissements. Seul le vent rompait ce silence de mort qui régnait en maître, en sengouffrant dans certains rochers creux.
* - * - * - * - *
Deux jours plus tard :
Assis sur un tabouret, Gokû attendait patiemment que Sanzô se réveille. Il était prêt à assumer les foudres du jeune homme, il était même décidé à encaisser sans broncher les reproches, à la seule condition que son ami se réveille.
- Sanzô
Murmura-t-il, ne sachant pas si son ami pourrait lentendre.
« Quelquun quelquun mappelle »
- Koryu ?
- Oui maître ?
- Quest-ce qui tarrive ?
- Rien jai juste eu limpression que quelquun mappelait.
- Alors vas-y.
- Que jy aille ?
Lenfant ouvrait de grands yeux. Pourquoi aurait-il voulu y aller ?
- Oui, vas-y, lui répondit lhomme un sourire aux lèvres.
- Je ne veux aller nulle part si ce nest pas un endroit où vous êtes, maître.
- Pourtant il est temps pour toi de rejoindre ceux qui tattendent.
- Maî maître ?...
La lumière était insupportable un bras devant les yeux afin de masquer quelque peu les rayons agressant de lampoule et Sanzô ouvrit entièrement les yeux.
- Sanzooooooo !!!!!!!
Avant même quil ait pu se redresser entièrement, le jeune homme se retrouvait avec un adolescent en larme dans les bras.
* - * - * - * - *
- Kanzenon-sama, où est-il ?
Un sourire énigmatique apparut sur le visage de celle à qui on sadressait avant de répondre évasivement :
- Qui sait ?
* - * - * - * - *
Kogaiji se réveilla et tourna la tête sur le côté, afin de voir le visage de lenfant qui navait pas lâché sa main des plusieurs jours durant lesquels il était resté inconscient.
- Ririn, murmura-t-il.
Les yeux de sa demi-sur sembuèrent de larme.
- Grand frère
- Je suis désolé, tu as dû tinquiéter
Elle ne répondit pas et se contenta de se serrer contre la première personne à lui avoir témoigner de la tendresse.
- Kogaiji-sama, comment vous sentez-vous ?
- Yanoé merci pour ton intervention.
- Cest normal.
- Comment va Doku ?
- Bien, il sest réveillé il y a quelques heures et voulait venir à votre chevet, mais je lui ai interdit en lui faisant boire un calmant qui la endormi.
- Cest bien et
- Sanzô et ses amis sont dans une petite ville, pas très loin de là où vous étiez.
- Hum
- Ils étaient tous en mauvais état, surtout Sanzô, mais je pense quils devraient tous sen être sortis.
- En as-tu profité pour récupérer les sutras ?
Se rendant compte de sa bêtise, Yanoé baissa les yeux. Comment avait-elle pu ne pas y penser ? Elle avait prodigué des soins à tout le monde, avait fait ramener Dokugaiji et Kogaiji chez eux, avait elle-même emmené Sanzô et sa bande dans cette petite ville, mais pas un seul instant, elle navait pensé à leur mission.
- Ce nest pas grave, lui dit alors Kogaiji, un sourire indulgent aux lèvres.
Il se rallongea, car ses blessures le faisaient encore souffrir mais ne put sempêcher de se demander ce qui avait bien pu calmer Gokû, car même sil ne lavait pas demandé à Yanoé, il était évident quil était redevenu normal, sinon, elle naurait même pas pu sapprocher.
* - * - * - * - *
Sanzô sapprêtait à inonder Gokû de reproche lorsque celui-ci se prit la tête entre les mains en gémissant.
- Gokû, quest-ce que tu as ?
Demanda Hakkai en sapprochant du jeune homme.
- Allons bon, comme si on navait pas eu assez de quoi nous inquiéter avec Sanzô, voilà maintenant que cet idiot de singe sy met aussi.
- Gojô ! Gokû, ça va ?
Ce dernier releva les yeux et rencontra le regard impassible de Sanzô.
- Konzen ?
Murmura-t-il avant de commencer à se sentir partir en arrière.
Les trois amis, complètement ahuri par ce qui arrivait à leur compagnon, ne firent pas le moindre geste pour le rattraper. Pourtant, il ne toucha pas le sol, car la porte venait de souvrir et une personne venait dentrer. Sanzô détailla ladolescent qui venait darriver et de rattraper Gokû. Un garçon à qui le moine ne donnait pas plus de quinze ans, habillé à la mode chinoise, rien de bien remarquable, si ce nétait ces yeux.
- Qui es-tu ?
Demanda alors le blond, de manière agressive.
- Je ne suis pas votre ennemi, se contenta de répondre le jeune homme, dune voix calme et douce sans quitter Gokû des yeux.
Celui-ci commençait dailleurs à se réveiller.
- Bonjour, lui dit alors gentiment celui qui ne lavait pas quitté.
- Heu salut.
- Ca va ?
- Jai faiiiiiiiiiiiiim, se plaignit le jeune homme en se redressant.
- Je vais te chercher quelque chose à manger.
Gokû acquiesça, puis, regarda ses amis tour à tour.
- Quest-ce quil y a ?
Hakkai sentait bien que quelque chose troublait son ami.
- Où est Konzen ?
Demanda alors le jeune homme en regardant dans tous les sens.
Les trois amis se regardèrent, se demandant si leur ami navait perdu lesprit.
- Konzen ? Konzen ?
Gokû sétait mis en quête de quelquun dimaginaire, selon ses compagnons.
- Gokû ! Où vas-tu ?
Regardant Sanzô comme sil le voyait pour la première fois, linterpellé lui répondit, comme si cétait une évidence :
- Chercher Konzen. Je dois le protéger.
* - * - * - * - *
- Quest-ce que tu fais là ?
Gokû sursauta à lapproche du garçon lui apportant à manger. Celui-ci lui souriant aimablement et sapprêtait à repartir après avoir donné les victuailles au jeune homme.
- Nataku
Deux regards semblables se croisèrent. Tout ce temps quils avaient passé séparé Pourtant, à cet instant, alors que seule la lune éclairait de son rayon bienfaisant le village, cétait comme si à peine quelques jours sétaient écoulés. Sans quil sen rende compte, lun des deux laissa de ses yeux or des larmes couler. Lautre, légèrement décontenancé tout dabord, se contenta finalement de dire avec un grand sourire :
- Jai oublié de te dire Nataku, je mappelle Gokû.
Celui qui avait défait Gyûmaô cinq cents ans plus tôt sapprocha lentement de son seul et unique ami avec dans lintention de lui dire quil lui avait manqué, cependant, il interrompit son geste avec larrivée de Hakkai.
- Gokû, nous partons demain, tu devrais aller te coucher.
Ladolescent se retourna vers larrivant avant de le dévisager comme il lavait fait pas bien longtemps avant avec Sanzô.
- Qui êtes-vous ?
- Cest à moi que tu parles ?
Demanda le jeune homme surpris.
- Oui. Moi, je mappelle Gokû, et vous ?
- Hakkai, quest-ce qui se passe ?
Gojô venait darriver et sétonna de voir son ami interdit devant Gokû. Nul doute quil sétait passé quelque chose.
- Hakkai ?
Appela-t-il gentiment afin de faire réagir son ami.
- Hein heu oui ?
- Quest-ce qui se passe ? Hé le singe, quest-ce que tu fous ? Tes pas encore couché ?
Une lueur étrange apparut dans le regard de Gokû.
- Je fais ce que je veux !
Nataku sapprêtait à ouvrir la bouche lorsquil rencontra le regard dur et limpide de Sanzô.
- Hé toi, quest-ce que tu lui as fais ?
La question du jeune blond attendait une réponse immédiate et le jeune homme à qui elle sadressait recula légèrement. Quelque chose dans le regard du moine était à la fois terrifiant et fascinant, cependant, à cet instant, le terrifiant prenait plutôt le dessus.
- Je nai rien fait
Finit par murmurer le jeune homme.
- Tu te fous de moi ?
Demanda Sanzô agressif en sapprochant avant de prendre Nataku par le col.
- Tu vas me dire ce que tu lui as fait ! Il nest plus lui-même et je veux savoir pourquoi !
Le regard doré faisant face au blond se fit plus dur car le jeune homme semblait sur le point de se défendre, cependant, il nen eut pas loccasion. En effet, Sanzô se retrouva par terre, la mâchoire endolorie.
- Gokû ?
Les yeux des trois amis de ladolescent souvrirent en grands. Cependant, le plus choqué était sans nul doute celui qui se trouvait à présent assis sur le sol.
- Mais tes malade ? Espèce de singe stupide !
Le jeune homme venait de se relever, furieux, et bien décidé à faire regretter son geste à ladolescent dont il soccupait depuis trois ans déjà.
- Pourquoi est-ce que tu parles comme Konzen ?
- Konzen, Konzen, Konzen, mais ten as pas marre avec ça à la fin ? Combien de fois faudra-t-il te dire quil ny a pas de Konzen !
- Tu mens ! Jamais Konzen ne mabandonnerait !
Gokû serra les poings mais ne sen servit pas, car un violent mal de tête le fit sécrouler dans les bras de Nataku.
* - * - * - * - *
- Hé Konzen.
- Quoi ?
- Donne-moi un nom.
- Pourquoi ça ?
- Je tiens à lui donner mon nom. Je veux un nom, alors
- Une autre fois.
- Non, maintenant. Tout de suite.
- Alors singe. Allons-y pour singe.
-
- Gokû. Ce sera Gokû. Cest court et simple, tu le retiendras.
- Gokû ? Daccord, je suis Gokû.
Un jeune homme gémit dans son sommeil alors quun autre, dont le temps sétait figé au même moment, regardait la lune brillant dans le ciel. La seule chose quil avait voulu avait été de le protéger, cependant, cette protection semblait partir à la dérive depuis son réveil.
La porte souvrant interrompit le garçon à lallure denfant en pleine réflexion.
- Sanzô-sama ?
- Quest-ce quun enfant comme toi fait seul ?
Le blond avait décidé de changer de tactique. Il était évident que le garçon lui faisant face ne se laissait pas intimider par les menaces, mais il fallait quil lui parle et lui dise ce quil voulait savoir.
- Je jai toujours été seul.
- Vraiment ?
- Oui. Toujours entouré, mais tellement seul
Derrière la porte, Gojô, appuyé contre le bois écoutait la conversation sans que personne ne le sache.
Le moine salluma une cigarette et sassit sur une chaise. Son attitude décontenança légèrement le jeune homme dans la pièce.
- Du peu que jai pu le connaître, Konzen ne vous ressemblait pas du tout !
Nataku sortit de la pièce, ayant bien fait sentir à son visiteur que sa dernière réplique était à prendre comme un reproche.
- Konzen, hein ?
Sanzô tira une longue bouffée sur sa cigarette, agacé de voir que sa nouvelle tactique avait de nouveau échoué.
* - * - * - * - *
- Sanzô, quallons-nous faire ? Gokû ne sest toujours pas réveillé.
Hakkai dirigea son regard sur la forme étendu dans un lit, murmurant quelques paroles incompréhensibles dans son sommeil.
- Il va bien finir par se réveiller, au moins pour manger, répondit le moine en sortant de la chambre.
« Je me demande où est parti Gojô », sinterrogea lhomme en se rasseyant près de ladolescent toujours endormi.
* - * - * - * - *
Le métis Yokai humain savança dans lherbe avant de sasseoir.
- Tu permets ?
Un regard doré lui répondit.
- Quest-ce que tu fais là, tout seul ?
- Je réfléchis.
- Tu ne voudrais pas plutôt être au chevet de Gokû ?
-
Gojô sortit une cigarette de son étui avant de faire jouer le mécanisme de son briquet, avant de lallumer. Plusieurs minutes passèrent avant quil ne reprenne la parole :
- Je vois que tous les enfants mal-aimés se cachent pour pleurer.
- Je ne pleure pas !
- Lorsque jétais petit, mon frère me disais toujours de ne pas pleurer finalement, jai fini par en oublier le goût des larmes et pourtant, tu peux me croire, quand tu ne les enchaînes pas, elles te font un bien fou lorsquelles arrivent.
Nataku regarda le jeune homme près de lui, étonné. Etait-il possible que cet adulte le comprenne ?
- Laisse les venir, murmura alors Gojô, voyant que le garçon près de lui faisait un effort afin de cacher sa tristesse.
Comme si ces trois mois avaient été un déclic trop longtemps attendu, celui qui avait été un pantin tueur éclata en sanglot tandis que le métis passait un bras autour de lui afin de lui montrer quil nétait pas seul dans sa souffrance.
* - * - * - * - *
Sanzô, une cigarette dans une main et une canette de bière dans lautre soupira en reposant cette dernière sur la table. Hakkai lui avait demandé de garder un peu Gokû le temps quil aille nourrir Hakuryu, et ce rôle ne lui convenait pas du tout.
- Hé le singe ! Tas intérêt à te réveiller rapidement, parce que sinon, on part sans toi !
- Sanzô
Gokû venait de se réveiller et tentait à présent de se redresser dans le lit. Cependant, des nausées lempêchaient de bouger normalement.
- Quest-ce que tu as ?
- envie de vomir
- Je tai toujours dis de ne pas tant manger ! Tu vois ce que ça te fait maintenant ?
- Sanzô
- Quoi ?
Malgré son air détaché, le jeune homme sétonna de la soudaine gravité apparu sur le visage de son compagnon de voyage.
- jai de nouveau perdu le contrôle
Sanzô éteignit sa cigarette dans le cendrier, sans un mot. Gokû se demanda à cet instant si cette absence de réaction nétait pas pire quune remarque cinglante ou un coup de baffeur.
- Sanzô, est-ce que Gokû ! Tu es réveillé !
Hakkai sapprocha de son ami afin de vérifier sil allait bien ou non.
Une fois ceci fait, le jeune homme parti chercher Gojô afin de lui annoncer que leur ami était réveillé.
- Jarrive, répondit lhomme aux cheveux rouge sang alors que Nataku se dégageait de son étreinte.
- Ce Gokû, à chaque fois quil perd le contrôle, il nous cause un souci pas possible ! Avant et même après, expliquait ladulte à lenfant qui laccompagnait, prenant un air agacé qui cachait en fait son inquiétude pour son ami.
Nataku se contenta de sourire sans répondre.
- Gokû ? Quest-ce qui tarrive ?
Gojô et son nouvel ami allait entrer dans la chambre lorsque la voix affolée dHakkai leur parvint. Ils échangèrent alors un regard avant douvrir précipitamment la porte.
- Quest-ce qui se passe ?
La question du jeune homme resta en suspens car personne ne lui répondit et il le comprenait. Gokû, la tête entre les mains était traversé par des spasmes de plus en plus forts. Tous les muscles de son corps étaient tendus et il ne semblait plus entendre personne, tant sa souffrance était grande.
- Gokû
Murmura Nataku, voulant aider son ami, mais ne sachant pas quoi faire.
Dans la pièce, une seule personne semblait être extérieur à ce qui se passait, le regard impassible. Cependant, alors que personne ne sattendait plus à la moindre réaction de sa part, il savança vers le lit avant de prendre les deux mains de Gokû dans les siennes.
- Gokû, calme-toi !
- Sanzô, il souffre, tenta de lui expliquer Hakkai. Mais contrairement à son habitude, le moine navait aucune intention de lécouter et cest un regard noir auquel se heurta celui qui servait de grand frère à tout le monde lors de leur périple.
- Gokû !
Même sil avait parlé fort, la voix du jeune homme venait dêtre couverte par un grondement orageux. Il faisait si beau ce matin et voilà quun orage se déclarait. Chacun des trois adultes savaient pertinemment que cette pluie, bienfaisante pour la nature, ne serait pour eux quun réveil à leur cauchemar et une nouvelle ouverture sur les plaies encore béantes de leur cur.
- Kon zen ?...
Le murmure de Gokû ne fut entendu que par Sanzô qui sétonna dentendre encore une fois ce prénom sortir de la bouche du jeune homme.
- Ne dis pas nimporte quoi idiot !
Comme il lavait fait la veille, ladolescent adressa un regard perdu au blond, cependant, Sanzô sentit bien que quelque chose différait de la fois précédente. Le regard doré, plongé dans le sien semblait chercher quelque chose, par delà celui quil voyait.
- Il va mieux ?
Demanda Gojô à son meilleur ami, doucement, afin de ne déranger personne.
- Je ne sais pas
- Où est Konzen ?
La voix de Gokû était légèrement tremblante. Comme sil avait peur de la réponse.
- Je ne sais pas de qui tu parles, lui répondit alors Sanzô, très calmement.
-
Le blond serra un peu plus les mains du jeune homme, quil navait pas lâchées avant de lui demander :
- Qui est Konzen ?
- Cest lui qui soccupe de moi, et cest lui qui ma donné mon nom, rajouta Gokû, un grand sourire aux lèvres.
Sanzô le lâcha et séloigna légèrement. Le sourire que lui adressait ladolescent était différent de tous ceux quil avait pu lui donner auparavant. Ce sourire là était dune pureté presque effrayante. Dailleurs, à bien y regarder, le garçon qui lui faisait face nétait pas celui quil connaissait. Non, celui quil voyait à cet instant était un enfant innocent.
« Est-ce cela que tu étais avant ? »
- Gokû ? Ca va mieux ?
Hakkai sétait approché anxieux de son ami, mais visiblement, physiquement parlant, il ny avait plus grand-chose à craindre pour le jeune homme dont le regard était à présent rivé sur Nataku.
- Jai toujours fait des rêves inaccessibles, murmura ce dernier avant de sortir de la chambre.
- Nataku, attends.
Gokû se leva afin de suivre son ami.
Lorsque la porte se fut refermée sur les deux jeunes, Hakkai regarda Sanzô avant de lui demander :
- Quest-ce quon fait ?
- A propos de quoi ?
- De Gokû.
Le bonze eut un haussement dépaule comme sil ne sinquiétait pas du tout pour le jeune homme.
Gojô, lui, se contenta de regarder la pluie tomber dehors, un triste sourire aux lèvres en apercevant Nataku et Gokû passer près de la fenêtre.
- On dirait un animal blessé.
- De qui parles-tu ?
Demanda Hakkai en se rapprochant de son ami.
- De cet enfant qui ma lair de si bien connaître Gokû.
* - * - * - * - *
- Nataku. Hé Nataku ! Tu vas où ?
- Je ne sais pas
Le pantin tueur se retourna vers son ami. Deux regards dorés se croisèrent sous la pluie.
Quelques secondes passèrent, durant lesquelles Nataku se souvint de la toute première fois où il avait rencontré Gokû. Tous deux avaient fait une bêtise et ils navaient ni lun ni lautre envie den assumer les conséquences. Deux êtres à qui on avait fermé la porte de lenfance.
Gokû allait demander quelque chose à son ami lorsque des sons se mirent à lui vriller les tympans. Des sons lointains et pourtant, qui lui semblaient tellement proches en même temps. Cependant, ce qui était le pire pour ladolescent, cétait les images qui lui revenaient en blocs. Des images qui nétaient tout dabord, pas forcément tendre, mais empreintes dune certaine affection, pour finalement se muer en véritable tragédie. Sur ses paupières à présent closes, Gokû voyait et revoyait, encore et toujours, le corps de Konzen tomber à la renverse tandis que ses mains à lui, étaient entièrement ensanglantées.
Tel un animal blessé, il laissa échapper un rugissement alors que pour la deuxième fois en lespace dà peine quelque jours, son diadème se fracturait.
- Gokû ?...
Nataku fit un geste en arrière. Il navait pas peur du combat ; il nen avait jamais eu peur. Il savait quil pouvait battre quasiment nimporte qui. Pourtant, la pensée de devoir affronter son seul et unique ami lui interdisait tout mouvement offensif.
Un sourire satisfait passa sur les lèvres du jeune homme à présent sans entrave. Il ne se sentait lui-même que lorsquil était libre de massacrer et tuer lorsquil le voulait et aujourdhui, il avait décidé de sen prendre au garçon qui lui faisait face. Ce combat avait de forte chance de lui plaire, ou du moins de le divertir quelques minutes.
La pluie, de plus en plus forte fouettait le visage des deux amis à présent prêts à se battre pour lun et se défendre pour lautre.
* - * - * - * - *
- Kanzenon-sama, ne faudrait-il pas intervenir ?
Un large sourire plus tard et la réponse se fit entendre :
- Pourquoi ? Cest drôle, non ? Nataku a voulu changer les choses, à lui de se débrouiller.
- Mais
- Jiroshin, je suis sûre que Konzen saura se débrouiller.
- Que voulez-vous dire ?
- Regarde.
* - * - * - * - *
Le combat entre Gokû et Nataku avait commencé depuis plusieurs minutes lorsquun coup de feu retentit.
- Gokû ! Jcommence à en avoir marre de toi ! Arrête de déconner !
Le dénommé se retourna afin de faire face au moine venant de tirer. Une fraction de seconde plus tard et il se retrouvait à quelques millimètres de Sanzô.
- Tu as envie de me tuer ?
Demanda ce dernier un sourire narquois aux lèvres.
« Faites attention », pensa Nataku en regardant le combat débuter, et surtout, voyant que le bonze nétait pas de taille face à son adversaire.
- Ca va ?
Gojô sétait rapproché de Nataku et à présent sinquiétait de son état.
Il fallait bien dire que Gokû ne lavait pas épargné car une large blessure sur
son torse saignait abondamment.
- Ca va
- Tu es sûr ?
- Oui
Nataku regarda ladulte près de lui, se souvenait de la façon dont Kenren avait tenté de le protéger lorsquon lavait envoyé se battre malgré ses blessures. Il en avait été très surpris et en même temps heureux. Lui qui navait jamais voulu grandir afin de ne pas devenir comme tous les adultes layant entouré, en voyant celui qui était près de lui, il se dit que peut-être que certains nétaient pas si mal que ça.
- Jai
- Oui ?
- Jai toujours
fait des
rêves
inaccessibles
Murmura le jeune homme avant de sévanouir.
Gojô le rattrapa dans ses bras et séloigna, sachant pertinemment quil ne servirait à rien à Sanzô et que ce dernier était le seul à pouvoir calmer leur ami. Tout en marchant vers lauberge, le métis répéta dans un murmure les mots du garçon dans ses bras :
- Des rêves inaccessibles
Hakkai arriva rapidement et à eux deux, ils commencèrent à soigner Nataku.
Dehors, la pluie tombait plus fort que jamais. Les souvenirs de Sanzô se faisaient de plus en plus poignants, cependant, il gardait son calme et son flegme en évitant un maximum dattaque de son adversaire du jour : Son Gokû !
- Tu tamuses bien ?
Un sourire ravi répondit à la question.
- Tu penses peut-être que tu peux me tuer ?
Un autre sourire en guise de réponse.
- Pauvre crétin ! Jamais tu ne pourras me tuer !
Le jeune homme voulut ajouter autre chose, mais un coup de genou le plia en deux. Il cracha un peu de sang au sol qui se mélangea rapidement à la pluie sur la terre boueuse, puis, se releva, son air supérieur toujours au fond des yeux.
- Gokû !
Lespace dun instant, linterpellé sarrêta et toisa son adversaire.
- Je ne te laisserais pas me tuer !
Ladolescent recommença à attaquer.
- Je ne te laisserais pas faire, mais pas parce que je ne veux pas mourir
Le geste de Gokû qui voulait frapper le moine fut rapide, mais celui du blond le fut encore plus et sa main se posa sur le front du jeune homme, alors quune lumière incandescente apparaissait. Le régulateur de force du jeune homme fut de nouveau en place.
- Kon
zen
Murmura le jeune homme redevenu celui que tous connaissaient.
- je suis là
Nul ne saurait dire à cet instant qui de Konzen ou de Sanzô répondit à ladolescent lové contre le torse de la seule personne quil avait décidé de lui-même de protéger.
* - * - * - * - *
- Est-ce quil y a tant denfant mal-aimé que cela ?... Ou alors, nous attirons-nous mutuellement ?...
Gojô sinterrogeait à voix haute près de Nataku endormi. Ce dernier sagita un peu dans son sommeil et murmura le prénom de Gokû alors que le métis humain-yokai tirait une nouvelle fois les draps sur lui.
Hakkai passa la tête dans lentrebâillement de la porte, un plateau entre les mains.
- Entre, lui dit alors son ami.
- Tu dois avoir faim. Tu nas rien avalé depuis deux jours.
- Lui non plus, répondit le jeune homme en désignant Nataku. Et il y en a deux autres qui nont rien avalé non plus
- Cest vrai
- Quand à toi, tu ne feras pas croire que tu as mangé.
Le jeune homme au régulateur de force à loreille gauche se contenta de sourire avant de demander :
- Tu veux que je remmène ça ?
- Non. On va manger tous les deux en le veillant.
- Daccord.
* - * - * - * - *
Debout à la fenêtre, Sanzô tirait des bouffées sur sa cigarette tout en regardant lextérieur. La pluie ne sétait arrêtée que le matin même et à présent, les gouttelettes brillaient telles des bijoux sur les feuilles des arbres. Cependant, le jeune homme ne voyait pas vraiment la beauté de ce spectacle, mais plutôt la fin de sa souffrance qui pourtant reprendrait avec larrivée dune prochaine pluie.
- Hé, cest toi qui mas appelé ?
- Hein ? Je nai appelé personne Qui êtes-vous ?
- Tu mens, jai entendu ton appel. Tu me casses les oreilles ! Ca suffit !
« Lentendre est plus quagaçant mais ne plus lentendre est peut-être pire »
Sanzô pensait à cela lorsquil se retourna. Son regard rencontra alors deux yeux dorés.
- Tu aurais pu dire que tu étais réveillé !
-
- Quoi ?
- tu es blessé ?...
- Non.
Un air soulagé apparut sur le visage inquiet de ladolescent à moitié relevé sur le lit.
- avant de me transformer jai vu jai vu quelquun mais
Sanzô se rapprocha du jeune homme avant de sasseoir sur le lit.
- Cette personne devait venir de tes souvenirs davant ton enfermement.
- je ne sais pas mais
- Quest-ce quil y a ?
- Je lai vu tomber et mes mains étaient pleines de sang
Un éclair fugitif passa dans la mémoire du moine. La même scène quil avait vécue durant son enfance. Son maître tombant sous lattaque dun yokai, et lui, ayant de son sang sur les mains.
- Oublie ça !
- Je ne peux pas ! Tu ne comprends pas ! Jai sûrement tué cet homme !
Sanzô ne répondit pas et se contenta de se lever afin de sortir de la chambre.
- Je vais dire quon temmène à manger.
- Jai pas faim !
- Tiens donc, cest nouveau ça ! Toi qui est un singe toujours affamé, tu dis que tu nas pas faim.
- Je NE suis PAS un singe ! Arrête de mappeler comme ça Konzen !
Un coup de baffeur sur la tête ramena Gokû au présent.
- Je ne mappelle pas Konzen ! Mets-toi ça dans la tête !
Le blond sortit de la pièce, furieux.
« Mais cest qui ce Konzen dont il parle tout le temps ? »
* - * - * - * - *
Nataku venait de se réveiller et après avoir rassuré Hakkai et Gojô de son bien être, se dirigea vers la chambre de Gokû. Ce dernier était en train de manger sur son lit.
- Je peux entrer ?
Demanda le jeune homme en frappant à la porte.
- Oui, oui, entre.
La porte souvrit mais Nataku semblait hésiter à entrer.
- Comment vas-tu ?
- Très bien, lui répondit son ami, un large sourire aux lèvres. Je me remets vite !
- Tant mieux
Gokû demanda à son ami de se rapprocher mais alors que ce dernier faisait le premier pas, ladolescent renversa son bol.
- Gokû ?
Le liquide et les pâtes du récipient se rependirent sur la surface du drap alors que le jeune homme se prenait la tête entre les mains. De nouveau, des images du passé lui revenaient en mémoire : fortes et douloureuses.
Nataku sortit alors précipitamment de la chambre afin daller chercher quelquun, mais il se heurta à Sanzô qui arrivait.
- Quest-ce que tu lui as fait ?
Le pistolet pointé sur le front du jeune homme, le moine semblait réellement sur le point de tirer.
- Hé moine corrompu ! Quest-ce que tu fous ? Cest un gamin !
Un « fais chier » plus tard et le blond baissait son arme afin de rejoindre Gokû laissant Nataku au bon soin de Gojô.
- Laissons-les. Il ny a que Sanzô qui puisse faire quelque chose quand Gokû ne va pas bien.
Le moine sapprocha de Gokû se tordant de douleur sur son lit. Il navait aucune idée du mal qui pouvait bien le ronger, cependant, même sil ignorait comment, il lui semblait évident que le garçon qui venait de partir avec le métis était responsable de létat de ladolescent à présent traversé de spasmes si forts quon aurait pu croire quil allait sétouffer.
- Gokû
Dans un effort qui lui parut surhumain, ladolescent parvint à se redresser sur le lit. Ses mains cherchèrent quelque chose auquel sagripper et le quelque chose en question fut le vêtement de Sanzô.
- jai limpression que ma tête va exploser
Laissant de côté pour quelques instants limage quil avait façonné depuis des années, Sanzô passa ses bras autour du jeune homme pour qui il semblait être le dernier rempart face à ce mal inconnu qui lagressait.
* - * - * - * - *
- Cest à cause de moi
Hakkai et son ami se retournèrent vers Nataku. Ce dernier se tenait la tête entre les mains en signe dimpuissance.
- Mais non, il ne faut pas vous rendre coupable comme ça, lui répondit gentiment le jeune homme tenant Hakuryu dans les bras.
- Vous ne comprenez pas si jétais resté endormi, rien de tout cela ne serait arrivé
Les deux adultes se regardèrent, cherchant chacun à savoir si lautre avait compris.
- Nataku, reprit calmement Gojô. Je ne sais pas ce qui peut te faire penser que tu es coupable, mais je suis sûr que ce nest pas le cas. Gokû avait lair tellement heureux de te voir jignore doù vous vous connaissez, mais une chose est sûr, cest que vous êtes amis et cest le principal.
- Même si cela le fait souffrir ?
-
- Javais réussi à lapaiser mais en voulant le revoir, je me rends compte que jai réveillé en lui des souvenirs que jai tout fait pour effacer de sa mémoire
Des larmes commencèrent à couler sur le visage du jeune homme alors que Gojô le prenait dans ses bras. Il nétait généralement pas très démonstratif, cependant, voir cet enfant malheureux lui rappelait tellement celui quil était, quil ne pouvait sempêcher davoir les gestes que lui-même quémandait en silence à sa mère.
* - * - * - * - *
- Sanzô
- Hum ?
- Merci
Le jeune homme regarda ladolescent sendormir dans ses bras. Il ignorait ce quil avait fait, mais il avait réussi à calmer un peu les maux de tête de Gokû rien quen le tenant dans ses bras.
* - * - * - * - *
- Comment va-t-il ?
- Il sest endormi, répondit Gojô à son meilleur ami.
- Je ne comprends pas ce qui se passe mais peut-être que cet enfant à raison, quil est responsable de létat de Gokû
- Ca suffit ! Je tinterdis de dire ça !
- ? désolé, je ne voulais pas
- Non, excuse-moi je suis sur les nerfs je crois que ce gamin me renvoie trop le reflet de mon propre moi du passé.
- Cest dur de retrouver en quelquun nos propres cicatrices
* - * - * - * - *
- Hé Gokû ! Tu dors ?
Seule une respiration régulière et à présent paisible répondit au moine. Nul naurait pu penser, en le voyant à présent, que quelques minutes encore auparavant, il se tordait de douleur dans les bras de Sanzô et que quelque temps encore avant, il avait cru mourir tant les douleurs dans sa tête étaient insupportables.
- Sanzô
- Hum ?
Le jeune homme se réveilla à moitié et séloigna de son sauveur.
- si je jai peur de men prendre à toi
- Mais quel con ce singe ! Tu crois peut-être que ça nest jamais arrivé ? Est-ce que je suis mort ?
- Mais
- Si cest pour tentendre geindre, je préfère men aller ! Jvais me chercher des clopes et une bière !
Sanzô se releva mais Gokû le retint en attrapant lune de ses manches.
- Jai vu jai vu le corps de cet homme tomber et en même temps jai vu des images de lui et moi nous avions lair de bien nous entendre nous étions probablement amis et jai vu son corps tomber et sur mes mains du sang plein de sang le sien je lai je suis presque sûr que cest moi qui
Des larmes semblaient sur le point de faire leur apparition alors que ladolescent gardait la tête baissée, mais il la releva à moitié en sentant la main de Sanzô sur celle-ci. Le regard dur quadressait toujours le moine était à cet instant indéchiffrable, et durant plusieurs secondes, Gokû se demanda ce quil allait bien pouvoir lui faire comme remontrance.
- Gokû !
- Ou oui ?
- Je ne te laisserai jamais me tuer ! Parce que je sais comme il est dur de vivre en ayant perdu quelquun ! Alors arrête de te torturer, je suis fort !
- Tu me le promets ?
- Cest une promesse !
- Sanzô
- Quoi ?
- Merci, lui dit alors simplement ladolescent, les larmes aux yeux.
- Et maintenant, arrête de faire cette tête dahuri !
La main de Sanzô sécarta de la tête du jeune homme afin de récupérer lune de ses armes préférées : son baffeur, afin den administrer un coup à ladolescent un peu trop sentimental à son goût. Ce dernier sénerva pour la forme, mais au fond, il était presque heureux.
* - * - * - * - *
- Ta décision est définitive, jimagine.
Nataku hocha la tête afin de confirmer les dires de Gojô.
- Je vais aller lui dire au revoir, mais avant, jaimerai vous poser une question.
- Laquelle ?
- Durant les jours que jai passé ici, vous navez pas arrêté de vous occuper de moi et jaimerai vraiment savoir pourquoi. Est-ce parce que je vous ressemble ?
- Je ne sais pas mais, un enfant qui oublie ce que rire et pleurer veut dire, cest triste, je trouve.
- Je ne comprends pas
- Ce genre denfant, ça donne des adultes qui ressemble à un sourire moqueur apparu sur le visage du métis Sanzo-sama !
- Tu veux mourir ?
Gojô partit dans un éclat de rire qui ne sarrêta que lorsquil entendit la porte se refermer sur le jeune homme venant de prendre une décision.
Dans la pièce dà côté, Gokû dormait dun sommeil parsemé de cauchemar venant de son passé lointain.
- Je suis désolé, murmura Nataku en sapprochant du dormeur. Jai voulu te protéger et je pense avoir réussi mais javais aussi envie quon se revoie quon puisse aller chercher des framboises ensemble, même si ça navait pas été dans ma cachette secrète Je voulais juste quon soit de nouveau ami
Quelques larmes coulèrent le long des joues du jeune homme. Cétait les dernières avant bien longtemps et il le savait. Il plaça ensuite une main sur la tête du dormeur.
- Ces souvenirs te rendent malheureux et même si ce nest pas ce que tu veux, jagirai égoïstement, car je pense que ce quon veut pour ses amis, cest leur bonheur avant tout. Jignore quand nous nous reverrons mais je suis sûr que cest un évènement qui se produira A bientôt Gokû, mon ami.
Alors que ses membres lui faisaient défaut, Nataku sentit que quelquun le maintenait debout. Il croisa alors le regard sang de Gojô.
- Merci, murmura-t-il alors que ses yeux se vidaient de toutes expressions.
- Merci à toi, dit le métis en serrant contre lui le corps vide de toute émotion contre lui. En lespace de quelques jours, en tentant de panser les plaies de lenfant, le jeune homme avait limpression den avoir refermées des siennes.
Quelques secondes plus tard, le corps de Nataku commença à disparaître.
- Il a un grand sens de lamitié, se contenta de dire Hakkai alors que Gojô lui lançait un regard perdu.
- Il était trop pur pour nous.
Même si les paroles de Sanzô auraient pu paraître choquantes, les trois hommes étaient bien daccord.
* - * - * - * - *
- Trop pur pour vous, hein ? Oui, cest bien possible.
Kanzenon passa une main sur le visage de nouveau figé de Nataku.
- Cest triste, vous ne trouvez pas Kanzenon-sama ?
- De toute façon, ils ne pouvaient pas se permettre de sarrêter trop longtemps ! Leur voyage nest pas terminé.
* - * - * - * - *
Deux yeux couleur doré rempli de vie souvrirent alors que quelques minutes auparavant dautres, semblables, venaient de se vider, cependant, celui qui se réveillait nen avait pas conscience car telle en avait été lenvie de lautre.
- Gokû, comment te sens-tu ?
Demanda Hakkai, un grand sourire aux lèvres.
- Jai faiiiiiiiim !!!!!!
- Ca nous change !
- Quest-ce que tas dit kappa pervers ?
- Jai dit que ça ne changeait pas ! Tu ne penses quà manger ! Remarque, tous les animaux pensent avec leur estomac !
- Je ne suis pas un animal !
- Un singe, cest un animal !
- Je ne suis pas un singe !
- FERMEZ-LA !!!!!
- Du calme, du calme Cest normal que Gokû ait faim ça fait plusieurs jours quil ne se nourrit pas comme il faut.
- HEIN ????? Jai mal mangé ces derniers jours ????
Ladolescent sauta de son lit précipitamment.
- Où vas-tu ?
Lui demanda alors Sanzô.
- Me rattraper !
Répondit le jeune homme, se disant que personne ne pourrait lui reprocher de trop manger
puisquil sétait mal nourrit depuis plusieurs jours.
- Il ne change pas, fit remarquer Gojô en sortant de la chambre avec les deux autres qui ne purent quapprouver.
Cependant, personne ne savait que dans une petite partie de sa mémoire, ladolescent avait gardé limage dun jeune homme blond quil reconnu comme étant Sanzô bien que ses cheveux soient plus longs ainsi que quelquun dautre quil ne discernait pas très bien, mais quil savait, au plus profond de lui-même, être un ami très cher à son cur.
Tout en apparence étant donc semblable à ce qui était toujours. Quatre compagnons se mettaient en route, alors que Kogaiji et les siens réfléchissaient à leur prochaine tactique, qui ne devait pas être déloyale, car il était hors de question dutiliser les mêmes procédés que Gyokumen.
Pourtant
« Ces souvenirs te rendent malheureux et même si ce nest pas ce que tu veux, jagirai égoïstement, car je pense que ce quon veut pour ses amis, cest leur bonheur avant tout. Jignore quand nous nous reverrons mais je suis sûr que cest un évènement qui se produira A bientôt Gokû, mon ami. »
« Je ne te laisserai jamais me tuer ! Parce que je sais comme il est dur de vivre en ayant perdu quelquun ! Alors arrête de te torturer, je suis fort ! »
« A bientôt Gokû, mon ami. »
A bientôt
Fin
Fanfiction commencée le 15 avril 2005 et achevée le 27 avril 2005
Hé hé, jmen suis pas trop mal sortie quand même pour le peu déléments que javais à la base, non ?
Bon, cest vrai que la fin est un peu (beaucoup ?) triste, mais je trouve que comme ça, ça aurait vraiment pu se passer dans la série sans influer sur la suite, non ? Parce que si javais voulu modifier le court de lhistoire, ce nest pas une vingtaine de pages quil maurait fallu mais au moins une centaine, voir beaucoup plus !
Ca ta plu Martine ?
Et les autres, ça vous a plu ??? Dites-le moi, svp ! Jai vraiment envie davoir lavis de tous ceux qui auront lu.
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